Définition et présentation par Denis Bridoux - Définition de L. Michael Hall
Nous sommes naturellement des "Faiseurs de Sens". Il nous est impossible de ne pas créer des significations partout,
n’importe où, tout le temps, à propos de tout, de n’importe quoi, et même de rien du tout ! C’est un réflexe
de survie qui structure la manière dont on réagit aux situations, dont on interagit avec les autres. C’est donc
un moyen pour arriver à une fin, tout au moins pour commencer. Plus tard dans la vie, cela devient communément
une fin en soi. Combien de fois avez-vous entendu les gens dire : « Ma vie n’a pas de sens. »
Au début des années 1990, Michael Hall, docteur en Psychologie et formateur en Neuro-Linguistique, modélisa
la structure de la "résilience", ou attitude "culbuto", qui fait que l’on se remet des travers de la vie pour
aller de l’avant.
Ce faisant, il identifia que notre esprit n’opère pas de façon linéaire, de A à Z. Au lieu de cela, celui-ci
fait des tours et des détours, il effectue des méandres, des boucles. Ce faisant, chacun se crée sa propre
"psycho-logique", qui n’est logique que pour soi-même (dans le meilleur des cas). Ces méandres peuvent nous
servir ou nous dé-servir : Ils peuvent former des cercle vicieux qui nous bloquent ou nous diminuent,
ou des boucles vertueuses qui nous propulsent plus haut, plus loin, plus avant.
De son expérience, Hall tira le modèle des méta-états, qui clarifie comment on pense, on ressent, on agit par
rapport aux évènements extérieurs à nous, ou même par rapport à soi-même.
En effet, on ne fait pas simplement que penser, ressentir ou faire quelque chose à propos du monde environnant
– ce que Hall dénomme des états dit primaires, car tournés vers l’extérieur –, on pense à ce que l’on
pense, à ce que l’on ressent, on a des ressentis à propos de nos ressentis ou de nos pensées, et ainsi de suite,
– ce que Hall dénomme des méta-états, car tournés vers l’intérieur.
La Neurosémantique explore la manière dont on se crée donc du sens à propos de tout et n’importe quoi et dont
on le code dans son esprit et dans son corps. Elle est issue d’une revisite de la Sémantique Générale de
Korsybski par Michael Hall, Bobby Bodenhamer, Docteur en Divinité, Denis Bridoux et d’autres, sous une
perspective Neuro-Linguistique, qui résulta vers la fin des années 1990 en une fusion de ces deux
disciplines. Elle bénéficie de surcroit d’un apport beaucoup plus explicite de la systémique batesonnienne
et de la linguistique cognitive, développée par Robert Lakoff et Mark Johnson.
Le but de la Neurosémantique est de donner à la personne qui l’étudie une compréhension au niveau structurel
de la façon dont notre esprit opère, qui lui permettra de suivre à la trace son cheminement lorsque l’on pense
ou que l’on ressent quelque chose à propos de quelque chose afin de s’accomplir soi-même.
Si ça nous convient on peut valider et améliorer plus encore ce que l’on fait. Si non, on peut faire quelque
chose, de telle sorte que le sens que l’on a fait porter sur une situation change et que l’on fonctionne mieux.
En bref, c’est un instrument idéal pour développer son intelligence émotionnelle.
Au cours des ans, la Neuro-Linguistique a élaboré toutes sortes de processus pour donner aux gens les moyens de
changer en résolvant leurs problèmes, ou en trouvant des solutions encore meilleures. Or, on sait à présent
que l’efficacité de ces processus dépend de la manière que notre esprit a de réfléchir sur lui-même ou de
se référencer soi-même : c’est notre capacité Neurosémantique d’opérer dans le monde et d’interagir avec celui-ci.
En quelques mots, pour résumer la relation entre Neuro-Linguistique et Neurosémantique :
- La Neuro-Linguistique a trait à la manière dont on perçoit les choses et dont on se les représente en soi en
termes sensoriels (VAKOG) pour travailler dessus.
- Le modèle des méta-états a trait à la manière, présentée ci-dessus, de réfléchir sur la manière dont on perçoit
les choses et dont on se les représente en soi.
- La Neurosémantique 1 a trait à la manière que l’on a de créer des cadres conceptuels et de référence dans notre
esprit, et à la manière dont cela affecte nos réflexions, nos représentations et nos perceptions.
La Neurosémantique nous permet donc de structurer la Neuro-Linguistique pour la rendre encore plus efficace.
Elle nous donne les moyens de changer et de mettre à jour nos cartes perceptuelles pour transformer le sens que
l’on donne à ce que l’on vit pour que cela nous soit plus utile. Elle nous apporte encore plus de flexibilité
et de fluidité pour répondre aux choses que nous désirons accomplir d’une manière qui respecte l’environnement
et les gens qui nous entourent.
©2006 Denis Bridoux Extrait du manuel du livre: Découvrir & Utiliser Son Intelligence Emotionnelle,
Editions du Dauphin, 2004
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LA NEUROSÉMANTIQUE®
Définition : chaque personne traduit les sens, les significations qu’elle se crée dans l’esprit
(sa sémantique personnelle) en émotions et en ressentis dans son corps (sa neurologie) au moyen de ses états et de
ses méta-états pour créer ses états Neurosémantiques.
Les facteurs de la Neurosémantique :
- Les émotions : Quand quelque chose signifie quelque chose pour soi, on le ressent dans notre
corps. Cette signification prend la forme de valeurs, de convictions, de compréhensions, etc.
- La construction du sens : La Neurosémantique est un modèle qui traite de la manière dont
on construit de la signification à travers l’évaluation, les expériences, les évènements, les mots, etc. C’est un
modèle sur la façon dont on vit dans le monde, dans une Matrice de Sens que l’on se construit et que l’on hérite
des autres et de notre culture.
- La Matrice de sens : La Neurosémantique décrit les cadres de références que l’on utilise
dans la vie et les cadres de signification que l’on se construit. Ceci génère une Matrice de Sens dans laquelle
on vit et on opère.
- Les réactions sémantiques : Ce sont les réactions qui ont lieu qui nous indiquent
les structures de notre sémantique.
- La Neurosémantique générative : En élaborant de nouvelles émergences d’états, nous
avons des expériences nouvelles qui sont plus que la somme des parties mises en jeu (créativité, bonheur,
synergie, etc).
- Un caractère systémique : La structure Neurosémantique des méta-états implique
une façon de penser différente de celle à laquelle on s’attend traditionnellement, où l’on passe d’une manière
linéaire de penser à une manière non-linéaire. La pensée systémique implique la réflexivité, la récurrence,
et la pensée en spirale. Cela veut dire retracer les boucles avant et arrières qui forment les cadres de la
Matrice2.
Les modèles Neurosémantiques :
Voici quelques-uns des modèles développés en Neurosémantique. Il y en a bien d’autres :
- Le modèle des Méta-Etats qui cartographie notre réflexivité et décrit comment nous
posons états sur états.
- Le modèle des Mind Lines (ou Fils Conducteurs de l’esprit) pour le recadrage
conversationnel
- Le modèle des Jeux de Cadres qui permet de diagnostiquer, de comprendre et de travailler
avec des états et des comportements comme si ce derniers étaient des « jeux » conduits et modulés
par des « cadres » ou autres « règles ».
- Le modèle de la Matrice qui spécifie et décrit sept matrices comme outil de diagnostique
et de modélisation.
- Le modèle des Axes de Changement qui cartographie le processus de changement et de
transformation.
Notre Matrice de Cadres :
- La Matrice de Signification, de Sens : On évolue dans un monde intérieur fait de
cadres construits autour d’idées, d’évènements, d’émotions, d’espoirs, de peurs, de passions, etc. Cette
matrice de significations et de références crée notre « SENS » de la réalité et la structure objective
de note expérience.
- Le modèle de la Matrice : Nous avons plusieurs types de matrices : des matrices
de processus qui créent les structures, des matrices de contenu qui englobent les concepts clés et les réalités
sémantiques, et la matrice des états sur laquelle les autres s’établissent. Cela comprend les 5+2+1 Matrices
de notre système « corps-esprit-émotion ».
- Comment Maîtriser notre Matrice : Prendre conscience de notre Matrice nous rend
capable de la détecter en action et ainsi de la maîtriser.
©2003 L. Michael Hall, Ph.D. extrait du manuel de formation du Génie du Coach
1 Le mot "Sémantique" vient du grec σημαντικός (semantikos),
et a trait à la façon dont on génère du SENS, consciemment ou inconsciemment vis-à-vis de quelque chose.
2 NdT : Les termes anglais "feedback" et "feed forward"
sont des termes de cybernétique – la théorie des systèmes –, qui restent souvent non-traduits en
français signifient respectivement "boucle vers l’arrière, boucle en retour dans le système, boucle rétrogressive"
et "boucle avant, vers l’avant, boucle progressive". Gregory Bateson fut l’un des développeurs de cette discipline.
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