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L'oisillon



L’oisillon
©2007 Fabienne Aeberhard

Quelque part, dans un pays lointain, il y avait une colonie d’oiseaux migrateurs. Nul ne connaît vraiment les raisons pour lesquelles ces oiseaux, à un certain moment, doivent prendre leur envol pour atteindre une autre destination. Voici l’histoire d’un oisillon devenu assez grand pour voler de ses propres ailes.

Alors que la colonie prenait son envol vers cette destination inconnue, l’oisillon se mit, lui aussi en vol sous les conseils de ses pairs pour qu’il puisse bien garder les rangs. Mais nul ne mesurait l’effort énorme qu’il faisait pour battre de ses petites ailes, son attention se portait dans la perfection de ses battements afin de rester le plus proche des siens.

Il volait et battait des ailes du mieux qu’il pouvait, mais le souffle commençait à lui manquer. Petit à petit, la distance s’élargissait entre lui et les siens. Il redoubla d’effort de concentration et de battement d’ailes mais, alors qu’il survolait une falaise bordant l’océan, les siens se trouvaient déjà à cent mille plus au loin. L’oisillon essoufflé perdit de l’altitude et chuta, chuta sans plus pouvoir bouger ses petites ailes. Il put à peine se ressaisir un tout petit peu pour se poser et se retrouva par hasard dans un nid, mais quel nid ? Il ne savait  pas à qui était ce nid haut perché sur cette falaise. Épuisé, il se laissa emporter dans un profond sommeil.

Alors qu’il était en plein dans son rêve d’envol, il  sentit sur ses ailes comme une caresse,   toute douce. Il ouvrit les yeux et aperçut la silhouette d’un grand oiseau. Que pouvait bien lui dire, lui murmurer à l’oreille, ce grand oiseau ? Nul ne le sut exactement mais, sans reconnaître ces mots, l’oisillon sourit, acquiesça de la tête au grand oiseau, puis monta sur le rebord du nid, étendit ses ailes et ne fit plus rien d’autre qu’attendre là, au bord du nid, le moment opportun que le vent allait lui amener bientôt.

Ailes étendues, l’oisillon scruta l’horizon et sentit bientôt une petite brise venir lui caresser les ailes, puis s’engouffrer en elles et bientôt, se sentit transporté.

Alors que l’oisillon gardait ses ailes grandes ouvertes, il se retrouva en un clin d’œil très haut dans le ciel. Il pouvait de sa position, apprécier toutes les écumes que l’océan créait, le bord de la plage et enfin, devenant toute petite, la falaise d’où il était reparti.

Et il s’en éloigna ainsi, se laissant porter par le vent et pour se rapprocher des siens. Il venait de parcourir cent mille miles sans effort, sans aucun battement d’aile, il se sentait envahi d’une énergie à chaque instant plus forte et merveilleuse...

 

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